"Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L' horizon aux vapeurs de cuivre où l' homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l' antre éloigné de cent lieues,
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L' air épais, où circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos dont l' écaille étincelle.

Tel l' espace enflammé brûle sous les cieux clairs.
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes,
Vont au pays natal à travers les déserts.

D' un point de l' horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l' on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et Mine;
Sa tête est comme un roc, et l' arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L' oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l' oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l' air embrasé monte en brume ;
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu' importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s' abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l' hippopotame énorme,
Où, blanchis par la lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils Passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l' horizon s' effacent."

Leconte Delisle, 1855, extrait des Poèmes Barbares

Published by Mouna - - Créations

commentaires

sabcréation 14/04/2008 17:59

Il est trop chouette cet éléphant, j'adore les couleurs, c'est plein de peps!!!

Kitty 04/04/2008 15:12

Géniale cette cane Mouna!!! Tu es trop forte, bravo!!!!!

patsy 04/04/2008 10:47

c'est superbe Mouna mais comment fais tu tout ça ? si tu pouvais me donner quelques petits conseils, j'en ai besoin pour évoluer...j'adorerais arriver à ce genre de réalisation BRAVO

flordecactus 04/04/2008 09:59

Elles est dròlement joli cette colection avec les z'animaux. ET ce pendentif est craquant! il me fait penser à Elmer l'Eléphant, dont je suis une grande fan. Bises...

Marykot 03/04/2008 20:45

Ciel mais je tombe................. c'est vraiment trop beau, trop précis, trop trop top comme cane !!!! Vraiment Mouna, plus je te connais et plus tu m'épates.... je ne m'habitue pas à tant de talent !BRAVO mille fois, c'est divin !

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